Sur France 2, déplorable concours de muscle entre Gérald Darmanin et Marine Le Pen

Publié le par Aulnay Populaire (93)

Sur France 2, déplorable concours de muscle entre Gérald Darmanin et Marine Le Pen

Vous n’avez pas eu le courage de consacrer votre soirée au débat entre le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et Marine Le Pen ? On l’a regardé pour vous.

21h05. Coup d’envoi de « Vous avez la parole » sur France 2. En apéritif, un tour de chauffe avant le brûlant débat pour Gérald Darmanin. Le « premier flic de France », « au franc-parler », comme le décrivent Léa Salamé et Thomas Sotto, a le droit à un grand oral face aux deux présentateurs. Sans grand intérêt. Interrogé sur les affaires Chouviat et Zecler, le locataire récite son texte habituel : « Le procès insensé, répété, systématique, de la police, est extrêmement choquant. J’entends les critiques, mais je veux dire que les gendarmes et les policiers sont des gens formidables ».

Puis questionné sur le terme même de violences policières, qu’il refuse d’assumer, notamment pour éviter de se mettre à dos les influents syndicats policiers, le ministre de l’Intérieur lâche ceci : « L’État a le monopole de la violence légitime parce qu’il protège les plus pauvres ». Les dizaines de milliers de manifestants précaires qui se sont faits gazer et nasser depuis 2017 apprécieront. Tandis qu’à Heidelberg, Max Weber fait des roulés-boulés au fond de sa tombe.

21h30. « Comme promis on accueille Marine Le Pen ». Chic. Première surprise : la présidente du Rassemblement national apparaît très calme. Elle a visiblement appris de son débat catastrophique contre Emmanuel Macron en 2017. Seconde surprise : son angle d’attaque. Là où on l’attendait sur un procès en laxisme face au « péril islamiste », Marine Le Pen préfère fustiger un texte qui « fait de l’ingérence dans la liberté de culte » et s’en prend « à la liberté d’instruction » : « Votre loi s’attaque à des religions, or c’est une erreur, l’islamisme n’est pas une religion, c’est une idéologie, il faut le combattre en tant que tel ».

Résultat, la candidate déclarée pour la présidentielle fait mine de vouloir défendre les musulmans qui seraient amalgamés par ce texte, quand le ministre de l’Intérieur, désarçonné, se retrouve à devoir adopter la position inverse : « l’islamisme est bien une question religieuse, c’est une dérive sectaire d’une religion ». Et apparaît comme plus radical et énervé que Marine Le Pen sur la question. « C’est étrange que nous soyons à front renversé sur ce point », « vous êtes étonnamment calme ce soir », note d’ailleurs le ministre, prenant conscience, peut-être, d’être au fond du traquenard. Et la députée RN de lui faire le baiser de la mort, en évoquant le livre que le ministre a récemment publié, « Le séparatisme islamiste » : « votre livre, j’aurais pu le signer ».

22h. Le débat dérive sur la « lutte contre l’immigration ». On ne sait plus trop où on est, ni le rapport avec un texte de loi qui traite de « séparatisme », d’incitation à la haine et d’instruction à domicile. Marine Le Pen redevient elle-même, faisant un lien implicite entre terroriste et immigration, alignant les chiffres fantaisistes « sur l’immigration massive », les « clandestins » : « Présidente, je demanderai par référendum aux Français s’ils veulent supprimer le droit du sol ». Gérald Darmanin l’accuse « de raconter n’importe quoi » mais se défend d’être laxiste sur l’immigration. Personne ne relève que le débat a complètement dérapé en hors sujet. Puis c’est au tour de la question du voile : là encore, Marine Le Pen abandonne la quiétude qui était la sienne lors de la première demi-heure : elle annonce vouloir bannir tout signe religieux ostentatoire de l’espace public, au nom du « trouble à l’ordre public ».

Malgré cela, Gérald Darmanin peine à se redonner une contenance. Marine Le Pen n’aura pas brillé, mais le ministre a loupé son grand duel. Un échange final relève à quel point l’ex-LR se prend les pieds dans le tapis. Lui : « Vous devriez bosser plus pour le débat présidentiel. » Elle : « Ah parce que j’y serai ? Merci de votre confiance ! » Dévastateur. Le débat s’achève. « C’est une des rares soirées où on n’a pas parlé du vaccin et du virus », rappelle Léa Salamé en guise de conclusion. C’est vrai, et on en viendrait (presque) à le regretter.

L'Humanité Cyprien Caddeo 

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article