Quartiers populaires. Devant l’Assemblée, les maires ne lâchent rien

Publié le par Aulnay Populaire (93)

Quartiers populaires. Devant l’Assemblée, les maires ne lâchent rien

Plusieurs élus et responsables associatifs se sont mobilisés pour se rappeler au bon souvenir du gouvernement, qui s’en tient à des promesses.

Après l’appel du 14 novembre et la promesse de Jean Castex de réserver 1 milliard d’euros du plan de relance pour les quartiers populaires, les maires étaient mobilisés, mercredi 17 décembre, devant l’Assemblée nationale. L’objectif : rappeler « gouvernement et majorité à leurs engagements », selon le maire PCF de Grigny Philippe Rio, alors que les députés votaient définitivement le budget 2021.

Environ 70 personnes, élus de toutes sensibilités et responsables associatifs, se sont donc donné rendez-vous devant le Palais Bourbon, dans une ambiance bon enfant où les écharpes tricolores se mélangeaient avec les maillots des clubs sportifs amateurs, très durement touchés par la crise. Hélas, les élus dressaient un constat amer : la majorité LaREM a annulé tous les amendements, votés à l’unanimité par le Sénat, qui permettaient de retranscrire dans le budget les engagements gouvernementaux.

« Tout a été supprimé, aucune promesse ne figure dans le budget », indique Stéphane Peu, député PCF

Un appel signé par plus de 200 maires 

« Tout a été supprimé, aucune promesse ne figure dans le budget », indique Stéphane Peu, député PCF. Même celui qui prévoyait de débloquer 10 millions d’euros pour les associations sportives, un combat porté notamment par Benoît Jimenez, maire UDI de Garges-lès-Gonesse, très déçu : « Cet amendement était pourtant présenté par le Modem », inclus au sein de la majorité. Bora Yilmaz, l’adjoint à la citoyenneté du maire PS de Nancy – une ville qui compte 30 % de quartiers prioritaires –, est venu après « avoir proposé au maire de rejoindre le mouvement, après avoir fait le constat de grandes difficultés et de quartiers en paupérisation ». Pour lui, cet appel signé par déjà plus de 200 maires est la preuve que « la mobilisation des élus peut payer », même si le gouvernement s’en tient toujours uniquement à des promesses.

Non loin de lui, Saïd Rahmani est plus inquiet : adjoint au maire PS de Sarcelles, où 70 % de la ville est classée en quartiers prioritaires, la crise sanitaire a occasionné un million d’euros de dépenses supplémentaires : « La situation est critique et les enjeux pour la population cruciaux, il faut agir pour l’éducation, la jeunesse, l’emploi. » Mais malgré un discours qu’il ne veut « ni démagogique ni partisan », il n’a « pas l’impression que les élus soient entendus ».

« C’est un mépris pour notre travail » Gilles Leproust, maire PCF d’Allonnes

Car que ce soit en termes de politique de la ville, de rénovation urbaine, d’aides aux associations et aux collectivités, le gouvernement promet mais refuse d’inscrire ces engagements dans le budget. « C’est un mépris pour notre travail », résume le maire PCF d’Allonnes, Gilles Leproust. Qui, comme ses collègues, ne compte pas baisser les bras.

 

L'HUMANITÉ

 

Publié dans Politique

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