Santé publique. Comment concilier canicule et lutte contre le COVID

Publié le par Aulnay Populaire (93)

Santé publique. Comment concilier canicule et lutte contre le COVID

De l’usage de la climatisation à la fermeture des fenêtres, une partie des recommandations en cas de fortes chaleurs vont à l’encontre de celles à prendre contre le coronavirus.

Fermer les volets ou aérer ? Utiliser ou non la climatisation ? Alors qu’une nouvelle vague de chaleur a commencé lundi 27 à s’abattre sur la France, combiner les mesures de précaution contre la canicule et celles contre le coronavirus relève du casse-tête. Au-delà du maintien nécessaire des gestes barrières, il peut y avoir des « injonctions contradictoires », a résumé Agnès Verrier, chargée d’expertise en santé-environnement à Santé publique France (SPF). Un problème complexe alors qu’on observe « une lassitude des outils de communication et de prévention actuels », y compris parmi les personnes âgées pourtant les plus à risques dans les deux cas, souligne une étude de l’agence gouvernementale de veille sanitaire publiée le 23 juillet.

Des horaires à adapter

Première difficulté, comment se mettre au frais ? En période de canicule, les recommandations sont d’aller dans des lieux publics climatisés comme les centres commerciaux ou les cinémas. Comme le rappelle SPF, «  une partie de la population vit dans des îlots de chaleur ou dans des logements mal isolés thermiquement : le maintien à domicile constitue alors un risque accru d’effets sanitaires d’expositions aux fortes chaleurs ». Or, les obligations liées aux risques de transmission du Covid, notamment le maintien de la distanciation sociale, obligent à limiter l’accès à de tels lieux, même avec l’usage de masques. SPF recommande « de faciliter l’accès aux lieux rafraîchis aux personnes non contagieuses a priori par le biais d’un aménagement des horaires d’ouverture et un accès prioritaire aux personnes à risques vis-à-vis des fortes chaleurs ». Des recommandations pas encore mises en place.

Proscrire le ventilateur

Comment ensuite combiner le rafraîchissement des logements avec l’aération nécessaire en période de Covid ? SPF propose là encore d’adapter les horaires et d’ouvrir les fenêtres aux heures les plus propices au rafraîchissement, « tôt le matin quand la température extérieure est inférieure à celle de l’intérieur et la nuit ». Autre problème, l’usage de climatiseurs et celui de ventilateurs pourrait accroître les risques de transmission du Covid-19. Comme le rappelle SPF, il n’y a pas encore de certitudes scientifiques sur les risques de contamination par des aérosols. Mais, en se basant sur plusieurs études sur des systèmes de climatisation, 230 scientifiques internationaux ont demandé, dans une lettre du 6 juillet, à l’Organisation mondiale de la santé, de reconnaître l’existence de cette transmission aérienne. Dans le doute, SPF préconise des précautions d’usage. Qu’il s’agisse d’installations collectives, ou plus dangereux encore, de systèmes individuels qui se contentent de brasser l’air existant dans la pièce, des filtres performants et correctement entretenus sont nécessaires. Mais comment s’assurer d’un tel niveau d’installations, notamment pour les appareils individuels utilisés par des personnes âgées, isolées, pas toujours en mesure d’en assurer l’entretien ? Le ventilateur, à moins d’être utilisé par une seule personne, est à proscrire. « Il va projeter les gouttelettes respiratoires émises par les personnes à distance dans une pièce et rendre inopérantes les distances de sécurité », explique SPF.

La bonne adéquation des mesures préventives est d’autant plus indispensable que les canicules et le Covid frappent les mêmes publics. Surtout, les deux accroissent la pression sur des services hospitaliers déjà éprouvés par des mois de crises.

 

L'humanité

Publié dans Prévention Santé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article